Coronavirus: Saison 1, épisode 6

A l’heure où la France est de nouveau confinée, qu’en est-il à Gandhidham (Gujarat, Inde)?

Nous sommes sortis du « lock down » (confinement) en mai 2020. Les petits commerces et les grandes surfaces ont rouverts chacun leur tour. Le gouvernement a demandé une ouverture progressive. Dans un premier temps, seuls les petits commerces ont pu rouvrir leur porte soit en:

accueillant leurs clients à l’intérieur du magasin avec l’obligation de se vaporiser du gel hydro alcoolique sur les mains et de porter le masque. Le nombre de personnes présentes à l’intérieur est limité. Les autres clients patientent à l’extérieur en respectant la distanciation sociale.

servant leurs clients depuis leur pas de porte ou derrière un comptoir installé à l’extérieur. Au 20 novembre 2020, ces pratiques sont toujours d’actualité que ce soit une épicerie ou un magasin d’outillage. J’ai pu vivre cette expérience en allant acheter une clef plate pour régler la selle d’un vélo. Le vendeur est venu à moi à l’extérieur du magasin en respectant la distanciation sociale et m’a servi ainsi.

Dans un deuxième temps, les grandes surfaces ont elles aussi pu rouvrir leur portes avec les conditions suivantes: port du masque obligatoire, une personne verse du gel hydro alcoolique sur les mains de chaque client, une autre personne prend la température de et inscrit sur un registre les coordonnées téléphoniques de chaque client. Des magasins, comme celui ci-dessous, a installé des chaises à un mètre des unes des autres. Ce qui permet aux clients d’attendre confortablement leur tour.

Certaines stations-service ont elles aussi installées des barrières anti covid-19. Cette station-service ci-dessous a installé une vitre en plexi glace amovible pour protéger ses salariés.

Les restaurants et hôtels ont pu reprendre leur activité en aout 2020. Comme vous pouvez le constater ci-dessous, nous étions les seuls clients. Tout simplement parce qu’un couvre-feu était imposé à 21 h. L’heure à laquelle les indiens dinent. Le couvre-feu levé, les restaurants ont retrouvé leur activité.

Les écoles, quant à elles, sont restées fermées depuis la mi mars 2020. Le cycle scolaire se termine début mars. Nous pensons que les écoles ne réouvriront pas avant mars de l’année prochaine. Les équipes pédagogiques n’ont pas perdu leur motivation et enseignent chaque jour en visioconférence. Ce qui n’est pas toujours facile. Il n’est pas évident pour de jeunes enfants de rester assis et concentrer 3 heures en continue devant un ordinateur.

Certaines activités sportives ont pu reprendre comme les activités extérieures et les activités ne demandant pas de contact physique. Pour vous donner une idée, Milan peut aller au football mais il ne peut pas essayer le karaté. Hugo, qui a plutôt la fibre pour les activités artistiques, ne peut pas essayer la danse, la musique…

Par contre, les piscines restent inaccessibles. Nous revenons d’une semaine de vacances dans le Sud de l’Inde, état du Kérala, nous vous confirmons que les piscines des hôtels sont toujours fermées.

Pour ceux qui me connaissent, je ne vais pas vous surprendre en vous exposant ma contravention ci-dessous. Eh oui, j’ai oublié de remettre mon masque pour conduire. Accompagnée d’une amie, nous avons été arrêtées par un charmant policier qui n’a pas voulu me faire grâce de cette amende. Je lui ai pourtant expliqué que nous ne savions pas lire le Gujarati. Il n’a jamais lâché. Il était important pour lui de me faire signer cette amende et de repartir avec ses 200 roupies (2,30 euros en septembre 2020). Aujourd’hui, l’amende est de 1 000 roupies (11,40 euros).

En ce 20 novembre 2021, nous n’entendons pas parlé d’un nouveau lock down. Seules, certaines grandes villes ont remis en place un couvre-feu. La circulation du virus est très intense dans ces villes, comme la ville d’Ahmedabad (au Gujarat).

Alors, nous pensons très fort à vous qui vivez un deuxième confinement ! Restez forts face à cette crise sanitaire, sociale et économique !

Kalo Dungar ou Black Hill, un site naturel magnifique

Le covid-19 étant un peu moins étouffant ici, nous profitons de nos weekends pour découvrir le Gujarat. Cet état, dans lequel nous sommes installés, est situé à l’ouest de l’Inde. Il aurait pris son nom de la tribu Gujjar venue s’installer au VIème siècle dans la région.

Ce dimanche 1er novembre 2020, nous avons sorti nos motos. En remontant vers la frontière pakistanaise, nous avons eu le souffle coupé en découvrant de magnifiques paysages divers et variés.

Vous êtes confortablement installés pour suivre notre périple ? Alors, Let’s go !

A 8 h 00 du matin, le collègue de François est passé à la maison pour décoller tous ensemble. Patrick a offert ce périple en side-car aux enfants. Nous avons pris la route en direction d’Anjar. Anjar est une petite ville à 15 kilomètres de Gāndhīdhām. Nous y avons fait une halte. Le side-car de Patrick avait besoin d’une petite maintenance. Les routes sont tellement cabossées qu’il arrive de perdre des boulons.

Après deux-trois tentatives, nous avons fini par trouver un boulon dans un petit garage de 5 m². Pendant cette réparation, une charmante famille est venue à notre rencontre. Habitants juste à côté du garage, ils nous ont offert un thé chaï (thé indien, prononcé « tchaï »). Le chaï est un délicieux mélange de thé noir et d’épices (cardamome et clou de girofle). Il est consommé quotidiennement par la majorité des indiens qui le font infuser dans du lait entier bouillant, avec du sucre. Même marmiton vous en propose une recette: https://www.marmiton.org/recettes/recette_tchai-chai-the-indien_16612.aspx

C’est avec le cœur réchauffé que nous avons repris notre route. Après Bujh, ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Bhuj ) nous avons pris la direction du « White desert of Kutch » (le désert blanc). Le désert blanc se situe en face de l’île de Kadhir Bet (cf. mon article sur « l’île de Khadir Bet, archéologie et flamants roses »)

Nous avons pris le déjeuner dans un petit routier. Il ne faut pas hésiter à se restaurer sur son chemin, les indiens cuisinent de bonnes sauces pour accompagner votre riz et vos chappattis (pain indien).

Nous avions pour objectif de nous rendre au « White desert of kutch » mais ce site naturel est toujours fermé aux touristes (crise sanitaire). Nous l’avons longé pour monter au sommet de la réserve de « Kalo Dungar » ou « Black hill ».

Nous sommes passés de zones désertiques à des reliefs volcaniques très beaux. Kalo Dungar ou Black Hill est le point culminant du Gujarat, Inde, à 462 m. Cet endroit offre une immense vue panoramique sur le Grand Rann de Kutch (lac du kutch). 

Sous le kiosque, perché sur le point culminant de Kalo Dungar, nous avons pu faire la rencontre d’un musicien. Sa musique m’a emportée comme dans un moment de méditation. L’écouter face à ce lieu magique était envoutant.

Patrick nous a également expliqué que Kalo Dungar a la particularité d’être une zone magnétique où le véhicule semble défier la gravité. Se faisant tard, nous n’avons pas pris le temps d’en faire l’expérience.

L’heure du retour nous a offert un magnifique coucher de soleil autour des éleveurs de bovins. Sur cette grande étendue désertique nous avons pu admirer les différents troupeaux et l’effort des vachers. Ils traient toujours au seau et emmènent leurs bidons de lait frais chargés sur leur moto. Ils enchainent directement la livraison chez les particuliers.

Cette belle journée en moto n’a pas empêché Milan de s’endormir à deux reprises dans le side-car. Alors si ça vous tente, n’hésitez pas à nous faire signe !

Navaratri: les neuf nuits de festival

Navratri ou Navaratri (neuf nuits) est une fête hindoue qui célèbre durant neuf nuits et dix jours des formes diverses de la shakti, l’énergie féminine divine, principalement la déesse Durga, « l’inaccessible ».

Navaratri est célébrée de différentes manières dans toute l’Inde. Dans le nord du pays, cette fête est commémorée avec beaucoup de ferveur en jeûnant et en rendant grâce à la Déesse-Mère sous ses différentes formes. Une amie ne mange que des fruits pendant ces 10 jours.

Navarati est également une période d’introspection et de purification. Elle est divisée en groupes de trois jours d’adoration. Les fidèles recherchent la bénédiction des trois aspects de l’énergie féminine divine, d’où les neuf jours de célébration.

Les trois premiers jours, la Déesse Mère est invoquée sous la forme spirituelle de Durga pour détruire toutes les impuretés, les vices et les défauts.

Les trois jours suivants, la Déesse Mère est adorée sous la forme de Lakshmi. Dans certains états de l’Inde, elle est considérée comme ayant le pouvoir de donner à ses fidèles la richesse infinie et l’abondance.

Les trois derniers jours sont dédiés, dans certains États de l’Inde, à l’adoration de la déesse de la sagesse, des arts, et de l’harmonie, Sarasvatî, afin de connaître tous les succès dans la vie.

Le dixième jour de Navarati, est célébrée Dussehra (« Victoire du dixième jour »), lors de laquelle une effigie de Râvana est brûlée pour célébrer la victoire du bien (représenté par Râma) sur le mal.

Les festivités ont débuté le 16 octobre et se terminent ce dimanche 25 octobre. Cette année avec le COVID-19, de nombreux festivals sur les places publiques sont annulés. Toutefois de nombreuses personnes ne manquent pas d’honorer leur religion et leur culture.

Pour l’occasion, des fidèles ont décoré les temples et se rassemblent jours et nuits pour prier, danser… voici en image un des nombreux temples de Gandhidham:

Dans la résidence, nous avons été conviés deux après-midi (ce mercredi 21 et ce jeudi 22 octobre 2020) pour assister aux danses traditionnelles de ce festival hindou Navaratri: le garba. Le garba est une danse originaire de l’État du Gujarat en Inde. De nombreux garbas traditionnels sont exécutés en ronde, autour d’une lampe centrale ou d’une image ou de la statue de la déesse Shakti. Cette danse est exécutée pendant les neuf nuits de ce festival.

Kavita, la maman de mon étudiant à qui j’enseigne le français

Dans la même lancée, nos voisins nous ont conviés à une soirée avec leur petit groupe d’amis. L’une de ces personnes est professeur de zumba et dirige son propre studio de danse. Je me suis jointe à eux avec Hugo. Nous avons passé une excellente soirée de 22h à 1h du matin. Une soirée riche en découverte et en partage de culture.

Bon entraînement à tous !

Je peux vous dire que c’est loin d’être facile !

L’île de Khadir Bet: archéologie et flamants roses

Nous avons profité du weekend de trois jours pour réaliser notre premier périple en moto. Le vendredi 2 octobre 2020, 9:30 du matin, motos chargées, casque sur la tête nous avons pris la route en direction de l’île de Khadir Bet.

L’île de Khadir Bet est à quatre heures de voiture au nord de chez nous (191 kilomètres). Je préfère vous exprimer la distance en temps qu’en kilomètres. Le rapport temps/kilomètres parcourus n’est pas le même qu’en France malgré la présence d’autoroute. Sur autoroute la vitesse est limitée à 110 km/h voir 80 km/h selon les portions. Il n’y a pas de contrôle et pourtant les gens respectent. Il vaut mieux respecter pour avoir le temps de s’arrêter face à un chien, une vache, un piéton…ou face à des personnes qui arrivent en sens inverse. Pour s’arrêter à un endroit précis de l’autre côté de l’autoroute (station-service, entrée de village…), certains prennent le raccourci de l’autoroute à l’envers. Ici c’est normal !

Pour notre premier périple, nous avons choisi de prendre la route des villages pour découvrir le Gujarat et sa population. L’immense tas blanc que vous voyez sur les photos ci-dessous est un tas de sel. Aux environs de Gandhidham, vous trouverez différentes usines de sel. 70% du sel de l’Inde, 3ème pays producteur au monde (source:https://fr.statista.com/statistiques/571136/production-mondiale-de-sel-par-pays/), est produit dans les marais salants du Kutch, dans le Gujarat.

Pour plus d’informations : https://mediaindia.eu/indes-foto/lantique-production-de-sel-dans-les-marais-salants-de-kutch-au-gujarat/

Nous avons fait un premier arrêt à la sortie de Bachau. Nous avons mangé pommes et bananes à l’ombre, sous la tente des vendeurs de fruits.

Nous avons repris notre chemin en direction de Rapar. En s’arrêtant pour immortaliser le paysage, des personnes ce sont arrêtées pour faire notre connaissance. Grâce à la moto, nous vivons des moments de partage chaleureux et inoubliables.

Arrivée face à l’île Khadir, il faut emprunter une route comme pour atteindre le Mont Saint Michel (site français, pour ceux qui connaissent). Et là… vous êtes au pays des flamants roses et des « painted stork » (ou le Tentale indien). Le Tentale indien est une grande espèce d’échassier asiatique. https://fr.wikipedia.org/wiki/Tantale_indien

Les flamants roses étaient trop loin pour faire de belles photos avec notre téléphone. Petits et grands avons pris plaisir à les observer avec les jumelles de Hugo. Après tous ces émerveillements nous avons atteint notre lodge, le Rann resort Dholavira, à 16 h. Cet hôtel propose des petits bungalows propres, climatisés avec les commodités indispensables. Vous pouvez vous y restaurer matin, midi et soir. Un espace repas y est aménagé pour découvrir leur cuisine traditionnelle. https://rannresortdholavira.com/

Juste derrière les bungalows, se trouve un accès direct non pas à la plage mais au lac salé du « Rann du Kutch ». Sur les images ci-dessous vous pouvez observer la croûte de sel déposée sur le sable. Après la mousson, le lac est plein et au fil des mois suivants il s’assèche et laisse apparaître cette nappe blanche de sel.

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons pris le chemin de Dholavira. Dholavira est un site archéologique implanté sur l’île Khadir bet dans une zone protégée du Rann de Kutch et le site couvre plus de 100 ha. Aussi connu sous le nom de Kotada timba le site abrite les ruines d’une cité harappéenne. C’est l’un des cinq plus grands sites harappéens, et le plus important site archéologique indien appartenant à la civilisation de l’Indus. Dholavira est aussi considérée comme la plus étendue des cités de son temps. Le lieu a été occupé à partir de 2650 av. J.-C. et a décru lentement après 2100 av. J.-C. Il a été brièvement abandonné et réoccupé jusqu’en 1450. Le site a été découvert en 1967-68 par Jagat Pati Joshi. Les fouilles sont en cours depuis 1990. (Source Wikipédia)

L’accès y est facile et l’entrée est gratuite. Vous y trouverez un musée et une visite en plein air.

Après une pause snacks, nous avons continué notre route vers le parc des fossiles (à 10 kms du parc archéologique).

L’arrivée sur le parc des fossiles vous offre une magnifique vue sur le lac salé. Les enfants ont aussi eu la surprise de rencontrer des dinosaures sur leur chemin. Par contre, ne vous attendez pas à voir de nombreux bois fossilisés. Le site (accès gratuit) n’expose que quelques rochers.

En repartant, nous avons fait un petit crochet par le « sunset point ». Sunset point signifie le point du coucher de soleil. Nous n’avions encore jamais vu un aussi beau coucher de soleil.

Ce beau coucher de soleil était la touche finale de notre séjour. Le lendemain matin nous avons pris la route du retour. Nous avons fait notre pause snacks à Rapar, à mi-chemin. Avant de quitter définitivement l’île de Khadir bet, nous avons eu la chance de voir d’avantage de flamants roses.

Notre périple en moto nous a offert de belles surprises. Se retrouver au milieu d’un troupeau de dromadaires, par exemple, marquera à jamais notre weekend à Dholavira.

En Inde, nous trouvons plus facile et plus agréable de voyager en moto. Nos 400 kms à moto se sont réalisés sans trop de difficultés. La principale difficulté que j’ai rencontrée c’est d’avoir un petit Milan qui s’endort derrière moi. Nous sentons le poids du casque dans le dos et nous devons utiliser une main pour maintenir son enfant sur la moto.

Mahatma Gandhi Jayanthi: le 2 octobre, un jour férié

Ce vendredi 2 octobre 2020 était un jour férié. Chaque année, cette journée célèbre l’une des trois fêtes nationales de l’Inde. C’est l’anniversaire de Gandhi Jayanthi. Les deux autres fêtes nationales étant le jour de l’Indépendance (le 15 août) et le jour de la République (le 26 janvier).

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Mahatma Gandhi

Mahatma Gandhi, père de la Nation, est né le 2 octobre 1869 sous le nom de Mohandas Karamchand Gandhi. Après des études de droit en Grande-Bretagne, il est devenu avocat et a travaillé en Afrique du Sud pour les droits des personnes. A son retour en Inde, il a rejoint la lutte pour la liberté et croyait au principe de non-violence. Il est mort assassiné à Delhi le 30 janvier 1948.

Pour en savoir plus sur Mahatma Gandhi, cliquez sur le lien ci-dessous:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohandas_Karamchand_Gandhi

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Nous avons profité d’avoir un week-end de trois jours pour nous évader.

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Pluie ou soleil: différent mais tout aussi beau

Le week-end du 11 août 2020, nous avons pris la route pour le Mont Âbû. Le lodge que nous avions fréquenté en décembre 2019 était ouvert. (cf article: le Mont Âbû au Rajasthan du 1er juin 2020)

Après 5 heures de route, en gravissant la montagne, petits et grands ont pris plaisir à rencontrer les singes. Ils vivent à l’année dans cette zone. Si vous empruntez cette route de montagne qui mène au Mont Âbû, vous ne pouvez pas les louper. Ils vous y attendent.

Toutefois soyez prudents ! De nombreux chauffards empruntent cette route. Le Mont Âbû est très connu pour son côté touristique: paysages magnifiques, temples plus que splendides… mais aussi réputé pour être un lieu de beuverie.

Contrairement au Gujarat, la consommation d’alcool est autorisée dans l’état du Rajasthan. De nombreux Gujaratis se rendent au Mont Âbû pour s’amuser entre amis autour de plusieurs verres ! Seulement, alcoolisés, ils prennent le volant pour redescendre du Mont, causant de nombreux accidents. Nous en avons fait les frais !

Fort heureusement, ne roulant pas vite, j’ai tout vu venir. J’ai eu le temps de m’arrêter et de tourner la voiture vers la roche. Ce qui nous a évité un méchant face à face. Un couple à bord de cette charmante voiture grise descendait du Mont. M. X, alcoolisé au volant, a voulu doubler une file de voitures dans un virage. Nous arrivions en face. La route était glissante, il n’a pas pu freiner.

De nombreux passants se sont arrêtés. Certains, voyant nos beaux visages de touristes étrangers, ont tenté de me tenir pour responsable. Ils leur étaient facile d’argumenter que nous n’étions pas habituer à conduire à gauche avec le volant à droite. Ils ont vite compris qu’il ne fallait pas me chatouiller avec ce sujet.

Ici comme vous pouvez le constater, la police ne fait que vous tenir compagnie. Aucun dispositif de sécurité n’est mis en place pour prévenir les usagers de la route. Durant notre dépannage, un camion s’est retrouvé en travers de la route car une autre voiture arrivait assez vite en face. Une moto s’est faite renversée par une voiture… J’avais commencé à faire la circulation en amont avant l’arrivée de la police. Une personne vient me dit c’est bon la police est là. Elle est où … ? Vous vous imaginez bien qu’il n’y a aucune réprimande pour le chauffard. Aucun test d’alcoolémie n’a été pratiqué même si M. X titubait en descendant de voiture. Chacun repart de son côté comme il peut.

Le meilleur remède de ces et ses émotions: garder le sourire et sa motivation. En attendant le dépannage, Hugo s’est épanoui avec dame Nature:

Ayant déjà fréquenté le lodge, nous avons contacté le manager qui s’est proposé de venir nous chercher sur le lieu de l’accident. Nous pensons que le dépanneur en a profité pour nous arnaquer : 3 000 roupies pour faire 2 kms jusqu’au poste de police alors que la concession Marutti nous a demandé 5 000 roupies pour rapatrier notre voiture à 70 kms dans la concession la plus proche.

Finalement bien arrivés au lodge, un petit réconfort s’imposait:

Remis de nos émotions par une bonne nuit de sommeil, sans voiture, nous avons profité de l’environnement verdoyant. Nous avons commencé par une petite balade matinale dans le parc du lodge.

Le midi, nous avons demandé au manager de l’hôtel où pourrions-nous nous balader dans les environs. Spontanément, il a demandé à un de ses agents de nous accompagner. Cette charmante personne nous a offert une magnifique randonnée.

Le lendemain nous avons pris un taxi pour nous rendre en ville « Mont Âbû » avec l’idée de se promener autour du lac « Nakki lake ». Nous nous sommes laissés guider par nos enfants qui ont fini par prendre un chemin perpendiculaire au lac. Nous avons de nouveau crapahuté par un beau petit chemin de randonnée.

Une pause repas était nécessaire pour reprendre des forces. Nous avons retrouvé le restaurant que nous avions fréquenté en décembre 2019. Il était ouvert. Seulement avec le covid-19, par manque de visiteurs, de cuisiniers… ils ne servaient que des produits surgelés. Nous n’avons pas pu nous régaler avec leurs bons plats indiens. Ceci au plus grand bonheur des enfants qui ont retrouvé leurs nuggets/frites version Mc Do français.

Et hop, un petit tour de pédalo sur Nakki Lake pour digérer. Mouillés pour mouillés…

Le séjour touchant à sa fin nous devions organiser notre rapatriement. François a demandé au directeur de l’entreprise de nous envoyer Ishwar au volant de la voiture de l’entreprise. Ishwar est le chauffeur quotidien de François en qui nous avons entièrement confiance et parle anglais.

Après un bon petit déjeuner, nous avons pris la route du retour. Il aurait été impoli de ne pas dire au revoir aux singes !

Avant de rentrer à Gandhidham, nous devions nous arrêter à Palampur chez Marutti. Cet arrêt était indispensable pour qu’ils démarrent les réparations sur notre voiture. Nous devions signer les documents pour l’assurance.

Après une longue journée en voiture, nous sommes bien rentrés. Malgré nos péripéties et la pluie, nous avons passé un très bon weekend.

Sous la mousson et en pleine crise sanitaire, nous y avons pris autant de plaisir qu’en décembre 2019. Nous n’avons pas manqué d’activités même si les temples étaient fermés. Ce qui plaît le plus aux enfants c’est de crapahuter en montagne. Les pluies et le ciel couverts nous ont offert des paysages verdoyants haut en couleurs, et surtout… un calme…

Lodge que nous recommandons si vous visitez le Mont Âbû, http://www.wordsworthlodge.com

La mousson : il faut le voir pour le croire


La mousson est un mot qui provient de l’arabe mawsim et qui signifie saison. Il désigne notamment la saison favorable à la navigation vers l’Inde dans l’océan Indien. Au sens strict du terme,  » mousson  » ne s’applique qu’au climat indien, mais le concept s’est élargi. (source Wikipedia) La mousson, ou saison des pluies, démarre mi juin et se termine à la mi septembre. Elle précède la saison hivernale.

Dans l’état du Gujarat,

l’hiver
dure de novembre à février. Les hivers sont doux, agréables et secs avec des températures moyennes variant de 20 à 29 ° C le jour et autour de 12 ° C la nuit.

l’été
dure de mars à mai. Les étés sont extrêmement chauds et secs, avec des températures de jour d’environ 41 ° C et des températures nocturnes jusqu’à 29 ° C. A l’arrivée de la mousson (mi-juin), la température de jour tombe à 35 ° C et la température de nuit tombe à environ 27 ° C. L’humidité reste très élevée.

pendant la mousson,
les régions du sud du Gujarat reçoivent des précipitations moyennes entre 760 et 1 520 mm. Dans les parties nord, la moyenne des précipitations varie de 510 à 1 020 mm. Le Saurashtra et le golfe de Cambay sont d’ordinaire moins arrosés, moins de 630 mm par an.

Cette année 2020, fut une année exceptionnelle également en terme de précipitations. La moyenne des précipitations sur Anjar (à 15 km de Gandhidham), calculées de 1990 à 2019, est de 437 mm. Depuis le 1er janvier 2020, il est déjà tombé 1 305 mm sur cette même zone (Il tombe à Paris environ 650mm/an). http://www.gsdma.org/rainfalldata-2?Type=2

Nous n’avons quasiment pas eu de pluies en juillet mais en août… ce fut du non stop pendant 15 jours – 3 semaines en août. Et j’ai envie de vous dire: « quand il pleut, il pleut ».

L’intensité des pluies, l’absence de caniveaux et d’avaloir font que l’eau s’accumule très rapidement dans les rues.

Dans notre région des Hauts de France, la pluie nous irritait fortement et nous mettait tous de mauvaise humeur. Dans le Kutch, elle est la bienvenue et la population (petits et grands) savoure la pluie comme nous savourons la neige. Pour anecdote, les vaches se mettent à l’abri sous les devantures des magasins pendant que les habitants jouent dans l’eau.

Nos enfants, quant à eux, sont devenus de vrais indiens:

Maintenant que vous avez vécu la mousson au travers de nos vidéos à vous de choisir votre période pour nous rendre visite :

Tout dépend aussi de ce que vous souhaitez visiter et vivre comme expériences.

A très vite !

Le coronavirus: saison 1, épisode 5 The Beach, le retour

Tout comme les piscines, le gouvernement a interdit l’accès aux plages depuis mars. En juillet, voyant petit à petit l’économie redémarrer, nous avons contacté un hôtel proposant des bungalows au pied de l’eau (plage privée). Le samedi 18 juillet 2020, le gérant nous certifie qu’il n’y a pas de souci, qu’ils nous attendent pour le dimanche. Les affaires prêtes, les enfants surexcités, nous étions prêts à partir avec un collègue de François (Patrick). Tellement surexcités que les enfants se sont levés à 6:30.

A 7:30, c’était la douche froide ! Le gérant de l’hôtel nous envoie un message inattendu. Suite à une nouvelle annonce du gouvernement, il lui ait impossible de nous accueillir. Patrick, grand aventurier et expatrié depuis 25 ans, nous a appelé pour nous proposer de nous emmener sur un petit coin de plage qu’il connaît. Réveillés pour réveillés go !! A 10h, nous partions en vadrouille direction Mandvi Beach. Mandvi est à deux petites heures de chez nous.

Tout le monde était enjoué. Nous sommes partis à deux motos et notre voiture. Mais arrivés sur place nous avons été stoppés par un charmant comité d’accueil.

Aucune plage n’était accessible. Ces policiers nous ont simplement demandés de ne pas aller sur la plage et de quel pays nous étions originaires… Le plus contradictoire, accompagnés du Pujari (le prêtre du temple), ils nous ont proposé de visiter le temple que vous voyez sur la photo ci-dessus. Les plages sont interdites mais 50 personnes dansaient dans le temple.

L’homme vêtu d’un pantalon rouge est le Pujari de ce temple. Nous avons été chaleureusement accueillis. Ils souhaitaient nous partager leur repas. En pleine crise sanitaire, avec regret, nous avons préféré refuser. La culture veut qu’ils ne mangent qu’avec leurs mains.

Après cela, nous n’avions plus qu’à prendre le chemin du retour. Comment consoler petits et grands ? Au premier village, grâce aux pluies de la mousson, nous avons eu le plaisir de mettre les pieds dans cette petite rivière.

Les enfants ont tenté d’attraper des poissons avec leur petit sceau. Durant ce temps, François et Patrick ont échangé avec les garçons du village sur le pont. Ici les femmes se réunissent d’un côté et les hommes de l’autre.

Voyant que les garçons n’arrivaient pas à attraper un poisson, les dames qui lavaient leur linge de l’autre côté de la rivière sont venues prêter mains fortes aux garçons. Un moment de partage qui fut très riche avec les hindoues.

Ce que j’aime le plus quand je voyage c’est échanger avec la population locale. Les expressions que ces personnes dégagent quand nous nous intéressons à elles vous renvoient de telles émotions… qu’il n’y a pas assez de mots pour exprimer ce pur bonheur. Par le simple fait de leur dire comment vous vous appelez dans leur langue, vous les comblez de joie.

En Gujarati, il m’a suffi de dire  » મારું નામ એની છે  » /  » Maru naam Anne che  » ! Et là j’ai récolté tellement de sourires en une fraction de seconde que… je resterai des heures à leurs côtés à en oublier l’accès interdit à la plage. Mais tout bon moment a une fin, c’était leur de rentrer.

L’accès à la plage n’a été autorisé qu’à partir du 5 septembre 2020. Nous n’avons pas traîné à faire notre sac dès que nous l’avons su. Le weekend dernier (le 12/09/2020) nous prenions la route pour deux jours. Toutefois nous tendions le dos jusqu’à la dernière minute avant le départ. Nous avions peur que le gérant des bungalows nous fasse de nouveaux faux bonds.

Notre motivation était tellement forte que même l’obstacle créé par la mousson ne nous a pas arrêtés pour atteindre le front de mer.

Après l’effort le réconfort ! Nous avons savouré cet instant précieux, seuls sur la plage du samedi au dimanche.

Snif, snif, c’est l’heure de quitter la plage !

Le coronavirus: saison 1, épisode 4

Dans la résidence, différentes règles ont été mises en place.

Nous n’avons malheureusement pas pu profiter de la piscine très longtemps. Elle a été vidée dès fin mars et ne sera pas accessible avant l’an prochain. Cette règle n’est pas propre à la résidence. Celle-ci a été imposée par le gouvernement. Toutes les piscines (hôtels, centres sportifs, résidences…) sont toujours fermées. Voici en images (prises ce 11 septembre 2020) la piscine de l’association sportive où milan pratique le badminton .

Le club house de la résidence est également inaccessible depuis mars. Nous ne pouvons pas profiter de la salle de sport, du billard, de la table de ping pong… Ils pourraient ouvrir ces locaux mais réglementairement ils seraient obligés de désinfecter les salles et le matériel après chaque passage.

Nous avons d’ailleurs été saisis plusieurs fois par des bruits surprenants. C’est en regardant par la fenêtre que nous avons vu un camion citerne projeter un désinfectant sur chemins, jardins, et maisons. Je n’ai pas de vidéo, mais sur le coup… Imaginez ce camion citerne ci-dessous, avec sa grande lance, pulvériser du désinfectant sur vos fenêtres comme pour éteindre un feu.

Cette méthode ne suffisait pas. Vous comprenez ? Elle ne désinfecte pas les personnes venant de l’extérieur. Ils ont installé à l’entrée de la résidence un couloir de désinfection. Chaque individu venant de l’extérieur doit systématiquement passer sous la pulvérisation d’un désinfectant.

Notre professeur d’anglais et notre femme de ménage doivent passer quotidiennement sous se vaporisateur avant de continuer leur chemin dans la résidence. Il en est de même pour chaque individu venant de l’extérieur: livreurs amazon, électriciens… Allez savoir pourquoi ? Nous, résidents et amis, en venant de l’extérieur nous ne passons pas dans ce couloir de désinfection. Nous pouvons dire ouf ! Mais en même temps où est la logique ?

Le coronavirus: saison 1, épisode 3

Le confinement n’a pas été trop dur à vivre pour nous. Nous avions la chance d’habiter dans une grande maison implantée dans une résidence verdoyante. Petits et grands nous nous sommes facilement adaptés à la situation.

Les enfants ont joué au coiffeur :

Peu importe le résultat lorsque nous restons confinés ! L’essentiel est d’avoir moins chaud sous les 45 degrés dehors et les 30 degrés dans la maison.

Nous avons pu faire connaissance avec nos voisins:

Venant tout juste d’arriver en Inde, le confinement nous a permis de tisser des liens avec nos voisins. Les résidents sortaient le soir prendre l’air. Ce que nous faisions avec les enfants. Nous nous sommes mis à marcher avec nos voisins. Nous n’aurions pas eu cette chance en pleine activité professionnelle.

Nous ne regrettons pas d’avoir choisi une maison dans une résidence. La vie sociale y est agréable et il y est plus facile de tisser des liens.