Pluie ou soleil: différent mais tout aussi beau

Le week-end du 11 août 2020, nous avons pris la route pour le Mont Âbû. Le lodge que nous avions fréquenté en décembre 2019 était ouvert. (cf article: le Mont Âbû au Rajasthan du 1er juin 2020)

Après 5 heures de route, en gravissant la montagne, petits et grands ont pris plaisir à rencontrer les singes. Ils vivent à l’année dans cette zone. Si vous empruntez cette route de montagne qui mène au Mont Âbû, vous ne pouvez pas les louper. Ils vous y attendent.

Toutefois soyez prudents ! De nombreux chauffards empruntent cette route. Le Mont Âbû est très connu pour son côté touristique: paysages magnifiques, temples plus que splendides… mais aussi réputé pour être un lieu de beuverie.

Contrairement au Gujarat, la consommation d’alcool est autorisée dans l’état du Rajasthan. De nombreux Gujaratis se rendent au Mont Âbû pour s’amuser entre amis autour de plusieurs verres ! Seulement, alcoolisés, ils prennent le volant pour redescendre du Mont, causant de nombreux accidents. Nous en avons fait les frais !

Fort heureusement, ne roulant pas vite, j’ai tout vu venir. J’ai eu le temps de m’arrêter et de tourner la voiture vers la roche. Ce qui nous a évité un méchant face à face. Un couple à bord de cette charmante voiture grise descendait du Mont. M. X, alcoolisé au volant, a voulu doubler une file de voitures dans un virage. Nous arrivions en face. La route était glissante, il n’a pas pu freiner.

De nombreux passants se sont arrêtés. Certains, voyant nos beaux visages de touristes étrangers, ont tenté de me tenir pour responsable. Ils leur étaient facile d’argumenter que nous n’étions pas habituer à conduire à gauche avec le volant à droite. Ils ont vite compris qu’il ne fallait pas me chatouiller avec ce sujet.

Ici comme vous pouvez le constater, la police ne fait que vous tenir compagnie. Aucun dispositif de sécurité n’est mis en place pour prévenir les usagers de la route. Durant notre dépannage, un camion s’est retrouvé en travers de la route car une autre voiture arrivait assez vite en face. Une moto s’est faite renversée par une voiture… J’avais commencé à faire la circulation en amont avant l’arrivée de la police. Une personne vient me dit c’est bon la police est là. Elle est où … ? Vous vous imaginez bien qu’il n’y a aucune réprimande pour le chauffard. Aucun test d’alcoolémie n’a été pratiqué même si M. X titubait en descendant de voiture. Chacun repart de son côté comme il peut.

Le meilleur remède de ces et ses émotions: garder le sourire et sa motivation. En attendant le dépannage, Hugo s’est épanoui avec dame Nature:

Ayant déjà fréquenté le lodge, nous avons contacté le manager qui s’est proposé de venir nous chercher sur le lieu de l’accident. Nous pensons que le dépanneur en a profité pour nous arnaquer : 3 000 roupies pour faire 2 kms jusqu’au poste de police alors que la concession Marutti nous a demandé 5 000 roupies pour rapatrier notre voiture à 70 kms dans la concession la plus proche.

Finalement bien arrivés au lodge, un petit réconfort s’imposait:

Remis de nos émotions par une bonne nuit de sommeil, sans voiture, nous avons profité de l’environnement verdoyant. Nous avons commencé par une petite balade matinale dans le parc du lodge.

Le midi, nous avons demandé au manager de l’hôtel où pourrions-nous nous balader dans les environs. Spontanément, il a demandé à un de ses agents de nous accompagner. Cette charmante personne nous a offert une magnifique randonnée.

Le lendemain nous avons pris un taxi pour nous rendre en ville « Mont Âbû » avec l’idée de se promener autour du lac « Nakki lake ». Nous nous sommes laissés guider par nos enfants qui ont fini par prendre un chemin perpendiculaire au lac. Nous avons de nouveau crapahuté par un beau petit chemin de randonnée.

Une pause repas était nécessaire pour reprendre des forces. Nous avons retrouvé le restaurant que nous avions fréquenté en décembre 2019. Il était ouvert. Seulement avec le covid-19, par manque de visiteurs, de cuisiniers… ils ne servaient que des produits surgelés. Nous n’avons pas pu nous régaler avec leurs bons plats indiens. Ceci au plus grand bonheur des enfants qui ont retrouvé leurs nuggets/frites version Mc Do français.

Et hop, un petit tour de pédalo sur Nakki Lake pour digérer. Mouillés pour mouillés…

Le séjour touchant à sa fin nous devions organiser notre rapatriement. François a demandé au directeur de l’entreprise de nous envoyer Ishwar au volant de la voiture de l’entreprise. Ishwar est le chauffeur quotidien de François en qui nous avons entièrement confiance et parle anglais.

Après un bon petit déjeuner, nous avons pris la route du retour. Il aurait été impoli de ne pas dire au revoir aux singes !

Avant de rentrer à Gandhidham, nous devions nous arrêter à Palampur chez Marutti. Cet arrêt était indispensable pour qu’ils démarrent les réparations sur notre voiture. Nous devions signer les documents pour l’assurance.

Après une longue journée en voiture, nous sommes bien rentrés. Malgré nos péripéties et la pluie, nous avons passé un très bon weekend.

Sous la mousson et en pleine crise sanitaire, nous y avons pris autant de plaisir qu’en décembre 2019. Nous n’avons pas manqué d’activités même si les temples étaient fermés. Ce qui plaît le plus aux enfants c’est de crapahuter en montagne. Les pluies et le ciel couverts nous ont offert des paysages verdoyants haut en couleurs, et surtout… un calme…

Lodge que nous recommandons si vous visitez le Mont Âbû, http://www.wordsworthlodge.com

La mousson : il faut le voir pour le croire


La mousson est un mot qui provient de l’arabe mawsim et qui signifie saison. Il désigne notamment la saison favorable à la navigation vers l’Inde dans l’océan Indien. Au sens strict du terme,  » mousson  » ne s’applique qu’au climat indien, mais le concept s’est élargi. (source Wikipedia) La mousson, ou saison des pluies, démarre mi juin et se termine à la mi septembre. Elle précède la saison hivernale.

Dans l’état du Gujarat,

l’hiver
dure de novembre à février. Les hivers sont doux, agréables et secs avec des températures moyennes variant de 20 à 29 ° C le jour et autour de 12 ° C la nuit.

l’été
dure de mars à mai. Les étés sont extrêmement chauds et secs, avec des températures de jour d’environ 41 ° C et des températures nocturnes jusqu’à 29 ° C. A l’arrivée de la mousson (mi-juin), la température de jour tombe à 35 ° C et la température de nuit tombe à environ 27 ° C. L’humidité reste très élevée.

pendant la mousson,
les régions du sud du Gujarat reçoivent des précipitations moyennes entre 760 et 1 520 mm. Dans les parties nord, la moyenne des précipitations varie de 510 à 1 020 mm. Le Saurashtra et le golfe de Cambay sont d’ordinaire moins arrosés, moins de 630 mm par an.

Cette année 2020, fut une année exceptionnelle également en terme de précipitations. La moyenne des précipitations sur Anjar (à 15 km de Gandhidham), calculées de 1990 à 2019, est de 437 mm. Depuis le 1er janvier 2020, il est déjà tombé 1 305 mm sur cette même zone (Il tombe à Paris environ 650mm/an). http://www.gsdma.org/rainfalldata-2?Type=2

Nous n’avons quasiment pas eu de pluies en juillet mais en août… ce fut du non stop pendant 15 jours – 3 semaines en août. Et j’ai envie de vous dire: « quand il pleut, il pleut ».

L’intensité des pluies, l’absence de caniveaux et d’avaloir font que l’eau s’accumule très rapidement dans les rues.

Dans notre région des Hauts de France, la pluie nous irritait fortement et nous mettait tous de mauvaise humeur. Dans le Kutch, elle est la bienvenue et la population (petits et grands) savoure la pluie comme nous savourons la neige. Pour anecdote, les vaches se mettent à l’abri sous les devantures des magasins pendant que les habitants jouent dans l’eau.

Nos enfants, quant à eux, sont devenus de vrais indiens:

Maintenant que vous avez vécu la mousson au travers de nos vidéos à vous de choisir votre période pour nous rendre visite :

Tout dépend aussi de ce que vous souhaitez visiter et vivre comme expériences.

A très vite !

Le coronavirus: saison 1, épisode 5 The Beach, le retour

Tout comme les piscines, le gouvernement a interdit l’accès aux plages depuis mars. En juillet, voyant petit à petit l’économie redémarrer, nous avons contacté un hôtel proposant des bungalows au pied de l’eau (plage privée). Le samedi 18 juillet 2020, le gérant nous certifie qu’il n’y a pas de souci, qu’ils nous attendent pour le dimanche. Les affaires prêtes, les enfants surexcités, nous étions prêts à partir avec un collègue de François (Patrick). Tellement surexcités que les enfants se sont levés à 6:30.

A 7:30, c’était la douche froide ! Le gérant de l’hôtel nous envoie un message inattendu. Suite à une nouvelle annonce du gouvernement, il lui ait impossible de nous accueillir. Patrick, grand aventurier et expatrié depuis 25 ans, nous a appelé pour nous proposer de nous emmener sur un petit coin de plage qu’il connaît. Réveillés pour réveillés go !! A 10h, nous partions en vadrouille direction Mandvi Beach. Mandvi est à deux petites heures de chez nous.

Tout le monde était enjoué. Nous sommes partis à deux motos et notre voiture. Mais arrivés sur place nous avons été stoppés par un charmant comité d’accueil.

Aucune plage n’était accessible. Ces policiers nous ont simplement demandés de ne pas aller sur la plage et de quel pays nous étions originaires… Le plus contradictoire, accompagnés du Pujari (le prêtre du temple), ils nous ont proposé de visiter le temple que vous voyez sur la photo ci-dessus. Les plages sont interdites mais 50 personnes dansaient dans le temple.

L’homme vêtu d’un pantalon rouge est le Pujari de ce temple. Nous avons été chaleureusement accueillis. Ils souhaitaient nous partager leur repas. En pleine crise sanitaire, avec regret, nous avons préféré refuser. La culture veut qu’ils ne mangent qu’avec leurs mains.

Après cela, nous n’avions plus qu’à prendre le chemin du retour. Comment consoler petits et grands ? Au premier village, grâce aux pluies de la mousson, nous avons eu le plaisir de mettre les pieds dans cette petite rivière.

Les enfants ont tenté d’attraper des poissons avec leur petit sceau. Durant ce temps, François et Patrick ont échangé avec les garçons du village sur le pont. Ici les femmes se réunissent d’un côté et les hommes de l’autre.

Voyant que les garçons n’arrivaient pas à attraper un poisson, les dames qui lavaient leur linge de l’autre côté de la rivière sont venues prêter mains fortes aux garçons. Un moment de partage qui fut très riche avec les hindoues.

Ce que j’aime le plus quand je voyage c’est échanger avec la population locale. Les expressions que ces personnes dégagent quand nous nous intéressons à elles vous renvoient de telles émotions… qu’il n’y a pas assez de mots pour exprimer ce pur bonheur. Par le simple fait de leur dire comment vous vous appelez dans leur langue, vous les comblez de joie.

En Gujarati, il m’a suffi de dire  » મારું નામ એની છે  » /  » Maru naam Anne che  » ! Et là j’ai récolté tellement de sourires en une fraction de seconde que… je resterai des heures à leurs côtés à en oublier l’accès interdit à la plage. Mais tout bon moment a une fin, c’était leur de rentrer.

L’accès à la plage n’a été autorisé qu’à partir du 5 septembre 2020. Nous n’avons pas traîné à faire notre sac dès que nous l’avons su. Le weekend dernier (le 12/09/2020) nous prenions la route pour deux jours. Toutefois nous tendions le dos jusqu’à la dernière minute avant le départ. Nous avions peur que le gérant des bungalows nous fasse de nouveaux faux bonds.

Notre motivation était tellement forte que même l’obstacle créé par la mousson ne nous a pas arrêtés pour atteindre le front de mer.

Après l’effort le réconfort ! Nous avons savouré cet instant précieux, seuls sur la plage du samedi au dimanche.

Snif, snif, c’est l’heure de quitter la plage !

Le coronavirus: saison 1, épisode 4

Dans la résidence, différentes règles ont été mises en place.

Nous n’avons malheureusement pas pu profiter de la piscine très longtemps. Elle a été vidée dès fin mars et ne sera pas accessible avant l’an prochain. Cette règle n’est pas propre à la résidence. Celle-ci a été imposée par le gouvernement. Toutes les piscines (hôtels, centres sportifs, résidences…) sont toujours fermées. Voici en images (prises ce 11 septembre 2020) la piscine de l’association sportive où milan pratique le badminton .

Le club house de la résidence est également inaccessible depuis mars. Nous ne pouvons pas profiter de la salle de sport, du billard, de la table de ping pong… Ils pourraient ouvrir ces locaux mais réglementairement ils seraient obligés de désinfecter les salles et le matériel après chaque passage.

Nous avons d’ailleurs été saisis plusieurs fois par des bruits surprenants. C’est en regardant par la fenêtre que nous avons vu un camion citerne projeter un désinfectant sur chemins, jardins, et maisons. Je n’ai pas de vidéo, mais sur le coup… Imaginez ce camion citerne ci-dessous, avec sa grande lance, pulvériser du désinfectant sur vos fenêtres comme pour éteindre un feu.

Cette méthode ne suffisait pas. Vous comprenez ? Elle ne désinfecte pas les personnes venant de l’extérieur. Ils ont installé à l’entrée de la résidence un couloir de désinfection. Chaque individu venant de l’extérieur doit systématiquement passer sous la pulvérisation d’un désinfectant.

Notre professeur d’anglais et notre femme de ménage doivent passer quotidiennement sous se vaporisateur avant de continuer leur chemin dans la résidence. Il en est de même pour chaque individu venant de l’extérieur: livreurs amazon, électriciens… Allez savoir pourquoi ? Nous, résidents et amis, en venant de l’extérieur nous ne passons pas dans ce couloir de désinfection. Nous pouvons dire ouf ! Mais en même temps où est la logique ?

Le coronavirus: saison 1, épisode 3

Le confinement n’a pas été trop dur à vivre pour nous. Nous avions la chance d’habiter dans une grande maison implantée dans une résidence verdoyante. Petits et grands nous nous sommes facilement adaptés à la situation.

Les enfants ont joué au coiffeur :

Peu importe le résultat lorsque nous restons confinés ! L’essentiel est d’avoir moins chaud sous les 45 degrés dehors et les 30 degrés dans la maison.

Nous avons pu faire connaissance avec nos voisins:

Venant tout juste d’arriver en Inde, le confinement nous a permis de tisser des liens avec nos voisins. Les résidents sortaient le soir prendre l’air. Ce que nous faisions avec les enfants. Nous nous sommes mis à marcher avec nos voisins. Nous n’aurions pas eu cette chance en pleine activité professionnelle.

Nous ne regrettons pas d’avoir choisi une maison dans une résidence. La vie sociale y est agréable et il y est plus facile de tisser des liens.

Le coronavirus : les travailleurs obligés de fuire la ville

A l’heure où toutes les entreprises ont été contraintes de stopper leur activité, les salariés ont eu les vivres coupés. Pour anecdote, même Amazon a dû interrompre ses ventes et ses livraisons.

Dès la fin mars, nous avons vu le nombre de personnes faisant la manche s’accroître dans les rues de Gandhidham. Le gouvernement indien ne donnait aucune aide financière que ce soit aux entrepreneurs ou aux salariés. Certains entrepreneurs, aisés, distribuaient de la nourriture aux ouvriers, mais ils se font rares.

Un matin, en partant faire mes courses alimentaires, je me suis demandée si je ne vivais pas dans un pays en guerre. Des groupes de personnes, couverture sur la tête, enfants sur les épaules, fuyaient la ville. Ses personnes vivent à Gandhidham sous des tentes pour « gagner leur pain ». Leur salaire n’étant plus versé, ils ont quitté la ville pour retourner dans leur campagne d’origine. Ils ont rejoint leur famille, leur terre pour pouvoir être logés et nourris. Et ce, à pieds, les transports en commun étaient tous à l’arrêt.

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/societe-en-inde-des-millions-de-migrants-de-linterieur-affames-abandonnent-les

Cet épisode m’a fait prendre conscience que je n’avais pas le droit de me plaindre de notre système français.

Le coronavirus: saison 1, épisode 2

Dès le 23 mars 2020, l’ensemble des magasins ont dû fermer leur porte: des petites échoppes aux centres commerciaux (même ceux vendant de l’alimentaire). Seuls quelques marchands de fruits et légumes et deux-trois supérettes avaient l’autorisation d’ouvrir de 10 h à 12 h.

Nous avons ressenti un grand vide. Les rues sont devenues, tout à coup, très désertes. L’impression d’un pays qui entre en guerre. Des barrages filtrants ont été installés à chaque coin de rue. Il ne s’agissait pas de plaisanter avec les mesures sanitaires. Les policiers, bâton à la main, contrôlaient strictement le respect des règles. Un midi, passé 12 h 00, j’étais encore sur la route du retour. Une patrouille m’a interpellée dans une petite rue. Je devais leur justifier mon dépassement d’horaire en leur montrant les réels médicaments achetés pour Milan. Une simple attestation écrite n’aurait pas suffi.

Le personnel des petites supérettes dessinait des cercles blancs au sol avec de la farine. Nous devions faire la queue en se positionnant dans un cercle afin de respecter la distanciation sociale. Les clients, venant pour « 1 kg de farine », étaient servis à la porte du magasin.

Une personne contrôlait l’entrée du magasin en pulvérisant du gel hydroalcoolique sur les mains de chaque client. Cette mesure est toujours d’actualité.

Au delà d’éviter d’attraper le virus, le confinement a eu pour avantage de pourvoir faire nos courses alimentaires dans le calme, sans multiples bruits de klaxon. Nous pouvions rouler en scooter sans être obligés d’avoir sans cesse la main sur la poignée de frein pour éviter piétons, voitures, tracteurs, dromadaires, vélos, motos, scooters, camions… C’était appréciable de pouvoir respirer l’air pur sous la visière du casque.

Le coronavirus: saison 1, épisode 1

Alors que les écoles fermaient en France le 2 mars 2020 en raison de la propagation du COVID-19, nous atterrissions à l’aéroport de Kandla. A cette date, l’Inde n’évoquait pas encore ce sujet. Elle n’était encore que très peu concernée par cette crise sanitaire.

En voyant la pandémie évoluer dans d’autres pays, le premier ministre Indien, Narendra Modi a rapidement publié les premières mesures sanitaires. Comme évoqué dans mon article  » l’école et le COVID-19 « , les écoles indiennes ont fermé leur porte 15 jours après la décision du gouvernement français. La mise en confinement a débuté le 23 mars 2020. En tant qu’étrangers, nous avons subi un traitement très particulier et très stricte par les autorités.

Samedi 21 mars – 22 h 04, alors que milan était déjà couché, cinq hommes débarquent et toquent à notre porte. Très impressionnant ! Surtout quand vous vous apprêtez à vous coucher. Ces hommes, avec un masque sanitaire sur le visage, étaient des agents et médecins (je ne sais trop en fait) mandatés par le gouvernement.

Eh oui, vous ne rêvez pas ! Il faut être au moins cinq personnes pour prendre la température de quatre membres d’une même famille. Ce soir là, nous nous disions ouf ! Nous n’avions pas de température, ni de premiers symptômes. Nous avions juste deux enfants un peu marqués par ce soudain débarquement. Surtout Milan, plongeant dans son premier sommeil, que nous avons dû sortir de son lit. Imaginez un enfant de 6 ans, les yeux à moitié fermés, découvrir ces cinq hommes masqués dans le salon à plus de 22 h…

Mais les autorités n’en sont pas restées là avec nous! Le lundi 23 mars 2020 matin, après avoir sorti les poubelles, François est rentré un peu amer en me disant: « Tu ne devineras jamais ce que je viens de découvrir. J’ai ressenti une drôle de sensation. Ce que je viens de voir me renvoie à l’époque des juifs, avec l’étoile jaune placardée sur leur maison! Ils nous ont collé une affiche sur notre mur. Nous sommes mis en quarantaine ! »

Ils ont su venir toquer à notre porte un samedi soir pour vérifier que nous n’avions pas de premiers symptômes. Par contre, personne n’est venu nous prévenir de vive voix que nous étions mis en quarantaine jusqu’au 3 avril 2020. Sur le coup, cette nouvelle nous est restée en travers de la gorge. Nous avons surtout mal vécu la manière dont nous avons été prévenu.

Durant ces quinze jours, c’est un collègue (agent administratif) de François qui était missionné pour faire nos courses alimentaires. Il nous était strictement interdit de quitter la résidence.

A tel point, que les autorités: – nous ont visité, – ont contacté François et lui ont demandé de leur envoyer un selfie, pour s’assurer que nous étions bien à notre domicile et non en délit. Je dois avouer que je suis sortie deux fois pour de l’indispensable.

Bon courage à tous !