Le coronavirus: saison 1, épisode 3

Le confinement n’a pas été trop dur à vivre pour nous. Nous avions la chance d’habiter dans une grande maison implantée dans une résidence verdoyante. Petits et grands nous nous sommes facilement adaptés à la situation.

Les enfants ont joué au coiffeur :

Peu importe le résultat lorsque nous restons confinés ! L’essentiel est d’avoir moins chaud sous les 45 degrés dehors et les 30 degrés dans la maison.

Nous avons pu faire connaissance avec nos voisins:

Venant tout juste d’arriver en Inde, le confinement nous a permis de tisser des liens avec nos voisins. Les résidents sortaient le soir prendre l’air. Ce que nous faisions avec les enfants. Nous nous sommes mis à marcher avec nos voisins. Nous n’aurions pas eu cette chance en pleine activité professionnelle.

Nous ne regrettons pas d’avoir choisi une maison dans une résidence. La vie sociale y est agréable et il y est plus facile de tisser des liens.

Le coronavirus : les travailleurs obligés de fuire la ville

A l’heure où toutes les entreprises ont été contraintes de stopper leur activité, les salariés ont eu les vivres coupés. Pour anecdote, même Amazon a dû interrompre ses ventes et ses livraisons.

Dès la fin mars, nous avons vu le nombre de personnes faisant la manche s’accroître dans les rues de Gandhidham. Le gouvernement indien ne donnait aucune aide financière que ce soit aux entrepreneurs ou aux salariés. Certains entrepreneurs, aisés, distribuaient de la nourriture aux ouvriers, mais ils se font rares.

Un matin, en partant faire mes courses alimentaires, je me suis demandée si je ne vivais pas dans un pays en guerre. Des groupes de personnes, couverture sur la tête, enfants sur les épaules, fuyaient la ville. Ses personnes vivent à Gandhidham sous des tentes pour « gagner leur pain ». Leur salaire n’étant plus versé, ils ont quitté la ville pour retourner dans leur campagne d’origine. Ils ont rejoint leur famille, leur terre pour pouvoir être logés et nourris. Et ce, à pieds, les transports en commun étaient tous à l’arrêt.

https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/societe-en-inde-des-millions-de-migrants-de-linterieur-affames-abandonnent-les

Cet épisode m’a fait prendre conscience que je n’avais pas le droit de me plaindre de notre système français.

Le coronavirus: saison 1, épisode 2

Dès le 23 mars 2020, l’ensemble des magasins ont dû fermer leur porte: des petites échoppes aux centres commerciaux (même ceux vendant de l’alimentaire). Seuls quelques marchands de fruits et légumes et deux-trois supérettes avaient l’autorisation d’ouvrir de 10 h à 12 h.

Nous avons ressenti un grand vide. Les rues sont devenues, tout à coup, très désertes. L’impression d’un pays qui entre en guerre. Des barrages filtrants ont été installés à chaque coin de rue. Il ne s’agissait pas de plaisanter avec les mesures sanitaires. Les policiers, bâton à la main, contrôlaient strictement le respect des règles. Un midi, passé 12 h 00, j’étais encore sur la route du retour. Une patrouille m’a interpellée dans une petite rue. Je devais leur justifier mon dépassement d’horaire en leur montrant les réels médicaments achetés pour Milan. Une simple attestation écrite n’aurait pas suffi.

Le personnel des petites supérettes dessinait des cercles blancs au sol avec de la farine. Nous devions faire la queue en se positionnant dans un cercle afin de respecter la distanciation sociale. Les clients, venant pour « 1 kg de farine », étaient servis à la porte du magasin.

Une personne contrôlait l’entrée du magasin en pulvérisant du gel hydroalcoolique sur les mains de chaque client. Cette mesure est toujours d’actualité.

Au delà d’éviter d’attraper le virus, le confinement a eu pour avantage de pourvoir faire nos courses alimentaires dans le calme, sans multiples bruits de klaxon. Nous pouvions rouler en scooter sans être obligés d’avoir sans cesse la main sur la poignée de frein pour éviter piétons, voitures, tracteurs, dromadaires, vélos, motos, scooters, camions… C’était appréciable de pouvoir respirer l’air pur sous la visière du casque.

Le coronavirus: saison 1, épisode 1

Alors que les écoles fermaient en France le 2 mars 2020 en raison de la propagation du COVID-19, nous atterrissions à l’aéroport de Kandla. A cette date, l’Inde n’évoquait pas encore ce sujet. Elle n’était encore que très peu concernée par cette crise sanitaire.

En voyant la pandémie évoluer dans d’autres pays, le premier ministre Indien, Narendra Modi a rapidement publié les premières mesures sanitaires. Comme évoqué dans mon article  » l’école et le COVID-19 « , les écoles indiennes ont fermé leur porte 15 jours après la décision du gouvernement français. La mise en confinement a débuté le 23 mars 2020. En tant qu’étrangers, nous avons subi un traitement très particulier et très stricte par les autorités.

Samedi 21 mars – 22 h 04, alors que milan était déjà couché, cinq hommes débarquent et toquent à notre porte. Très impressionnant ! Surtout quand vous vous apprêtez à vous coucher. Ces hommes, avec un masque sanitaire sur le visage, étaient des agents et médecins (je ne sais trop en fait) mandatés par le gouvernement.

Eh oui, vous ne rêvez pas ! Il faut être au moins cinq personnes pour prendre la température de quatre membres d’une même famille. Ce soir là, nous nous disions ouf ! Nous n’avions pas de température, ni de premiers symptômes. Nous avions juste deux enfants un peu marqués par ce soudain débarquement. Surtout Milan, plongeant dans son premier sommeil, que nous avons dû sortir de son lit. Imaginez un enfant de 6 ans, les yeux à moitié fermés, découvrir ces cinq hommes masqués dans le salon à plus de 22 h…

Mais les autorités n’en sont pas restées là avec nous! Le lundi 23 mars 2020 matin, après avoir sorti les poubelles, François est rentré un peu amer en me disant: « Tu ne devineras jamais ce que je viens de découvrir. J’ai ressenti une drôle de sensation. Ce que je viens de voir me renvoie à l’époque des juifs, avec l’étoile jaune placardée sur leur maison! Ils nous ont collé une affiche sur notre mur. Nous sommes mis en quarantaine ! »

Ils ont su venir toquer à notre porte un samedi soir pour vérifier que nous n’avions pas de premiers symptômes. Par contre, personne n’est venu nous prévenir de vive voix que nous étions mis en quarantaine jusqu’au 3 avril 2020. Sur le coup, cette nouvelle nous est restée en travers de la gorge. Nous avons surtout mal vécu la manière dont nous avons été prévenu.

Durant ces quinze jours, c’est un collègue (agent administratif) de François qui était missionné pour faire nos courses alimentaires. Il nous était strictement interdit de quitter la résidence.

A tel point, que les autorités: – nous ont visité, – ont contacté François et lui ont demandé de leur envoyer un selfie, pour s’assurer que nous étions bien à notre domicile et non en délit. Je dois avouer que je suis sortie deux fois pour de l’indispensable.

Bon courage à tous !

News about Ganesh Chaturthi, 22 août 2020

En ce 22 août 2020, jour férié, nous avons pu découvrir les traditions de Ganesh Chaturthi. Cette fête hindoue célèbre l’adoration du dieu Ganesh.

Ganesh

Chaque année, les familles achètent une sculpture de Ganesh. Vendredi soir, la grande avenue de Gandhidham était bondée de monde. Les habitants arpentaient la double voie pour acheter leur Ganesh. A tel point, pour l’anecdote, qu’à la tombée de la nuit je n’ai pas vu la rue que je prends habituellement pour rentrer et je ne me suis égarée: vive le G.P.S. pour retrouver son chemin.

Les croyants installent soigneusement leur statue dans leur maison. Ils se réunissent autour de celle-ci en famille et/ou entre amis. Ils honorent leur dieu en récitant différentes prières devant lui. Pour l’occasion, nos amis ce sont vêtus d’habits traditionnels et m’ont envoyé une vidéo de leur cérémonie.

La population distribue des sucreries comme par exemple les modaks, considérés comme symboles de la divinité. En allant faire réparer le phare de ma moto samedi matin, j’ai eu le plaisir d’en goûter au garage.

Ganesh Chaturthi est principalement célébré dans les états du Maharashtra, de Goa, de Telangana, de Chhattisgarh et du Gujarat. Il prend fin maximum 10 jours après le 22 août. Chaque statue est portée et conduite en procession, accompagnée de musique et de chants traditionnels jusqu’à un point d’eau à proximité. Ganesh est alors mis à l’eau, les croyants le laissent s’éloigner progressivement. C’est pour cette raison que chaque année, ils achètent une nouvelle statue.

Normalement, des festivités sont organisées au sein de notre résidence. Mais cette année avec le coronavirus, aucun rassemblement n’est autorisé dans le parc.

Peut-être aurons nous le plaisir d’assister à sa mise à l’eau dans les 10 jours…

Sur « l’école et le COVID-19 », questions et réactions:

La publication de mon dernier article a suscité ces questions par mes lecteurs.

Les frais de scolarité ?

A D.P.S school, les frais d’inscription s’élèvent à 10 000 roupies (113 €) par enfant. Les frais de scolarité quant à eux coûtent 54 000 roupies (611 €) par an et par enfant.

Qu’est-ce que l’hindi ?

L’hindi est la langue utilisée dans le nord de l’Inde. Chaque état a également son propre dialecte. Dans l’état du Gujarat, vous pouvez très bien entendre de l’hindi ou du gujarati.

Bonjour en hindi : Namaste

Voici en images l’hindi écrit par François:

Petite démonstration d’hindi par Milan:

Maintenant, à vous de vous entraîner avant de venir nous rendre visite.

L’école et le COVID-19

A notre arrivée le 2 mars 2020, il ne restait plus qu’une semaine d’école pour finir l’année scolaire. Comme expliqué dans mon article sur « la future école des enfants », le rythme scolaire indien est complétement différent du rythme scolaire. Les vacances démarrent à la mi mars pour redémarrer une nouvelle année scolaire le 1er avril.

Cependant les enfants ont pu découvrir et appréhender l’environnement de leur future école. L’équipe pédagogique a organisé des activités loisirs au rythme de deux heures chaque matin (de 8h à 10h). Le directeur m’ayant proposé de les accompagner durant leur activité, nous n’avons pas hésité à les inscrire. Chaque enfant pouvait choisir son activité: karaté, football, patins à roulettes (rollers pour les plus confirmés), musique, art, équitation pour les plus de 10 ans…

Milan voulait se lancer dans le karaté mais avec la barrière de langue il n’était pas à l’aise. Il a rejoint son frère en activité artistique. Les activités ont démarré le 12 mars 2020. Avant de commencer l’activité, nous avons pu découvrir que l’école organisait une cérémonie d’ouverture avec un temps de prière.

Chacun des enfants s’assied en file indienne dans la rangée de l’activité choisie. Le directeur introduit l’ouverture des activités en demandant aux enfants si ils sont heureux d’être là. Il demande à chaque enfant de sourire, et leur explique que c’est une chance pour eux d’être là.

Let’s go with a big smile !

Malheureusement pour la santé de tous, les activités ont été interrompues au bout de trois jours. Avec la pandémie du COVID-19 dans le monde entier, l’école a fermé ses portes le 15 mars 2020.

La rentrée scolaire programmée comme chaque année le 1er avril n’a pas eu lieu. Les responsables ont créé des groupes WhatsApp par classe. Nous recevions le travail scolaire via cette application jusqu’aux vacances qui ont débuté vers le 1er mai et pris fin le 5 juin 2020.

En juin, l’école a pris la décision d’enseigner en visioconférence. Seuls les parents ayant inscrits leurs enfants pour la nouvelle année scolaire recevaient le lien d’invitation pour participer à la séance de classe en ligne. Eh oui, l’école étant physiquement fermée, un pourcentage important de parents trouvaient inacceptable de payer la scolarité.

L’équipe pédagogique a aménagé un emploi du temps spécifique à l’école en ligne. Il semblait inapproprié de demander à de jeunes enfants de rester assis devant leur ordinateur ou leur téléphone de 8 heures à 13 heures. Chaque matin, Hugo et Milan participent au cours depuis juin. Le premier cours démarre à 10 h 40 et le dernier cours se termine à 13 h 45 avec des pauses de 10 minutes entre chaque cours. Ils ont chacun trois cours différents par jour et changent d’enseignant pour chaque matière.

Par exemple en ce moment, Milan a:

  • lundi : maths, science de l’informatique, danse
  • mardi : hindi, maths, anglais
  • mercredi : anglais, maths, art
  • jeudi : hindi, anglais, E.V.S (sciences de l’environnement)
  • vendredi : culture générale, E.V.S, maths

Hugo a:

  • lundi : hindi, anglais, art
  • mardi : E.V.S, maths, anglais
  • mercredi : science de l’informatique, E.V.S, hindi
  • jeudi : danse, maths
  • vendredi : maths, culture générale, anglais

Pour le moment, ils ne participent pas au cours d’hindi. Nous préférons que les enfants se concentrent sur l’apprentissage de l’anglais. Pendant l’heure d’hindi, je leur enseigne le français à partir des leçons qui me sont envoyées par l’école de Paris. Seul François prend des cours d’hindi. Nous avons une enseignante qui vient chaque soir à la maison pour enseigner l’anglais aux garçons (45 minutes chacun) et l’hindi à François (pendant 1heure).


Le retour physique à l’école est loin d’être à l’ordre du jour. Une amie, enseignante dans l’école des enfants, nous a informé qu’à la demande des parents il n’y aurait pas de retour à l’école avant décembre. Est-ce pour protéger leur famille du virus ou pour ne pas payer l’école ?

Suite au confinement, l’état du Gujurat a publié une loi en juillet dernier soulignant que les cours en ligne devaient être gratuits pour tous. Les parents de DPS school (école des enfants payante), pourtant très aisés pour la plupart, n’ont pas tardé à réagir. Devant toutes ces réactions, la direction a stoppé les cours pendants trois jours, le temps de prendre une décision. L’équipe pédagogique a finalement décidé de reprendre l’enseignement en rendant l’école en ligne gratuite pour tous.

Nous sommes outrés d’observer que ça ne dérange personne que le directeur n’ait pas été rémunéré pendant cette période (il a d’ailleurs démissionné), que les enseignants n’ont été rémunérés et ne sont encore rémunérés qu’à hauteur de 50 % de leur salaire. Et ici, il ne peuvent pas compter sur la perception du chômage qu’il soit technique, partiel ou total. Ca n’existe pas ! Ils doivent se débrouiller pour payer leurs charges du quotidien.

A savoir que le salaire d’une personne qui enseigne en école privée comme dans l’école de Hugo et Milan ne varie que de 15 000 roupies (168 euros) à 40-50 000 roupies (450 – 561 euros). Un enseignant en école public touche un salaire de 50 000 roupies, un peu plus selon l’expérience.

Notre professeur d’anglais à domicile était très contente que nous la sollicitions. Ceci lui a permis d’avoir un complément de salaire (9 000 roupies par mois soit 101 euros par mois pour les trois et non par personne).

Cette semaine est une semaine un peu particulière: examens. Hugo et Milan ont chacun un test en ligne par matière et par matinée. Ils n’ont pas classe cette semaine. Je ne manque pas de leur rappeler qu’ils ont leur leçon de français au programme de la journée.

L’Inde et ses fêtes religieuses

Grâce au cours des enfants pratiqués dans leur école, nous sommes en mesure de vous présenter les différentes fêtes religieuses rencontrées en Inde. L’Inde est connue pour ses nombreux festivals. Les familles participent aux différentes fêtes en fonction de leur religion :

Dussehra – en octobre

Dussehra est une fête hindue très importante. Elle célèbre la victoire du seigneur Rama contre le roi démon Ravana. Les effigiés de Ravana, son frère Kumbhakarna et son fils Meghnatha sont brûlés comme symbole de la victoire du bien sur le mal. Ce festival dure dix jours, se terminant par une marche d’éléphants décorés au travers des villes.

Diwali – octobre ou novembre selon le calendrier religieux

Diwali ou Deepavali « Divali » est la forme contractée de « Dipavali », tiré du sanskrit « rangée de lampes ». Ce festival hindu, de lumières, est célébré 20 jours après Dussehra. Les familles nettoient leur maison et la décore de bougies et guirlandes. Ils distribuent des bonbons et des cadeaux aux enfants. Les enfants profitent de l’éclairage à la bougie. La population prient et récitent des prières devant Lakshmi, la déesse de la richesse. Selon la mythologie hindue, ce festival marque le retour du roi Rama à Ayodhya après quatorze ans d’exile. Ses habitants avaient alors éclairé les rues où passait le roi avec des lampes.

Holi – en mars

Holi célèbre l’arrivée du printemps et la fin de l’hiver. C’est le festival le plus populaire d’Inde, haut en couleurs et rempli d’amour. La population s’arrosent de poudre de couleur et font des batailles d’eau. Nous avons eu la chance de pouvoir profiter de cette fête avant la mise en confinement lié au COVID-19. Ce festival honore la victoire du bien sur le mal.

Travaillant ce jour là, nous nous devions de baptiser François à son retour !

Dans la résidence, nous avons eu le plaisir de découvrir et de participer aux traditions nocturnes et de partager le diner avec les autres résidents.

Après la prière, ils font brûler le bûcher et vont partager le dîner que les agents de la résidence ont préparé.

Noël – en décembre

Le christianisme, même si c’est une religion minoritaire, est présent en Inde. Nous verrons si nous pourrons trouver un sapin le moment venu.

Eid-ul-Fitr – en mai

Eid-ul-Fitr est une fête musulmane qui célèbre la fin du jeune du mois du Ramadan. Pour cette occasion, les musulmans portent de nouveaux vêtements et se réunissent à la mosquée. Les enfants reçoivent des cadeaux, appelés Eidi, de leurs proches.

Gurupurab – en novembre

Gurupurab est célébré par les Sikhs. Il marque l’anniversaire du Guru Nanak, le fondateur de la religion Sikh. Les Sikhs décorent leurs maisons de bougies et de guirlandes et se rassemblent au gurudwara pour prier. Le Guru Granth Sahib, le livre saint des Sickhs, est récité entièrement en guruwaras. Les Sikhs partent en possessions, des repas partagés sont organisés et distribués.

Gurupurab est aussi connu sous le nom de Guru Nanak Janyanti.